[Saga de Wyrred Blackwater] Chapitre 1 - Comment j'ai sauv un village de la destruction totale.

Auteur: Rappar <rappar2_at_...>
Date: Sat, 20 Jan 2007 06:01:15 +0100


Chapitre 1 - Comment j'ai sauv� un village de la destruction totale.
(SPOILER : Affaire de la pluie de poisson sur le clan Kalling - sc�nario
adapt� du livre de base Heroquest)

Ah ah, tu vois, � l'�poque j'ai r'senti l'mal du pays. Je m'suis dit qu'y avait rien d'mieux que de retrouver ses racines, que d'rev'nir vers ce village de bouseux, cette tribu Blackwater - ma tribu, et mon bon vieux cousin qu'a jamais mis les pieds en ville, et qui restera toujours un ignare. De plus, je m'�loignais un peu d'un gang de voleurs trolls, des gens d'une moralit� tr�s douteuse, tr�s d�sagr�ables, et assez rancuniers. Les braves gens ne sont plus en s�curit� avec ces cr�atures-l�; mais que fait la milice pour prot�ger les honn�tes commer�ants?

Mais il semble que Olene Arimsdaughter - pr�tresse, membre du Conseil - aye entenduye parler de moi : elle me convoque pour me confier une mission. Si je remplissais cette mission, elle pourrait peut-�tre faire quelque chose pour moi (qu'est-ce qu'une pr�tresse d'Ernalda aurait pu faire pour moi? Et d'abord comment sait-elle qu'elle pourrait m'�tre utile?). Mais j'�tions point seul.

A ma gauche, Bezanando, le c�l�bre gladiateur de Bout-du-Monde. Aucun cerveau, grand combattant �videmment, mais plut�t gentil. J'pense bien arriver � en faire ce que je veux. Mon garde du corps, peut-�tre? Ou un associ�. Un peu comme la c�l�bre paire Farfhd et l'aut' souricier crasseux.

A ma droite, le l�gionnaire Markos, de la l�gion de l'Arc Vert, avec son arc-qui-parle (enfin du moins, il cause � son arc, le l�gionnaire. Y a des pervers, j'te jure.), et dont le patronyme � l'arc est Ilul. C'�tait un guerrier un peu plus malin, donc beaucoup moins utile, et plus d�plaisant. D'ailleurs il me faisait pas confiance. C'est c'que j'dis: malin, d�plaisant. N'emp�che que je lui rabat son caquet en me jouant de ses r�flexes de combat. J'lui fais "Attention, derri�re toi!" et y s'retourne plus vite que l'vent et y tire une fl�che dans nulle part !- j'en ris encore !.

Donc Olene nous demande d'aller faire cesser une pluie de poissons au clan Kaling. C'est de la politique: on r�sout le probl�me, elle prend la gloire. Vraiment les politiciens, c'est les plus grands des voleurs. (Nan, plus grand encore, c'est les politiciennes). On y va, je prends des pr�cautions de discr�tions (tu m'connais), inutiles, puisque en fait on est attendus comme le nouvel Arim.

Donc on arrive pr�s de la mare creus�e par l'anc�tre, et le vieux Dare nous explique que le ciel a crach� des poissons quatre fois. Puis on entend comme un bruit de d�gueulis. Moi je me mets � l'abri �videmment. Blaf, pluie de poissons. Sauf que cette fois, il y a un esp�ce de poisson g�ant plein de dents, qui claque du bec avec la ferme intention de boulotter tout c'qui passe � port�e. Bezanando (c'est l'gladiateur), lui il attend pas que la poiscaille �touffe - faut croire qu'� part sa m�re, il a jamais vu d'poisson - il s'pr�cipite et fabrique de la brandade.

Puis j'entends une petite voix qui piaille � l'aide: c'est un poisson d'or. Un poisson d'eau de mer, m�me que je suis oblig� de cavaler chercher du sel. Le poisson d'or nous d'mande d'aller s'courir son ma�tre � l'endroit impossible. Au d�but j'en ai rien � battre, j'ai not'mission � remplir. Pis l'poisson d'or y m'nace de clamser, alors je l'tra�ne lui et son seau. Jusque dans une grotte � flanc de falaise. La grotte est donne dans un aut'monde, pt'�t que c'est l'fameux plan des z�ros, tiens. Y a la mer. Par les dieux, qu'est-ce que c'est beau, qu'est-ce que c'est grand, c'est impressionnant comme une montagne sauf que c'est tout plat, et infiniment plus vaste.

Bon. A c�t� d'la plage, y a une villa. L'poisson d'or nous d'mande d'y aller, et on rencontre son ma�tre, Oralpraf. C'est un p�cheur de l'ancien temps, tu vois, mais g�ant.
En fait ce serait une divinit� des marins du sud. Et y gerbait, Oralpraf, y gerbait comme un malheureux qu'aurait trop bu. Sauf que sa gerbe, c'�tait des poissons tout entiers et tout vivants, et qu'il vomissait dans un puits, et le puits communiquait avec not'monde, et c'est comme �a que les poissons arrivaient chez les Kaling. Me demande pas comment c'est possible, y a rien � comprendre, c'est comme �a.

Donc on essaye d'emp�cher Oralpraf de d�gobiller sans arr�t. Le pauvre, j'ai piti�. Comme divinit�, y m'faisait plut�t figure d'�tre un looser, un peu comme l'autre, Orla-loi. Mais bon. Il nous montre un mur, l� o� avant il avait suspendu un troph�e, sa meilleure prise. Le troph�e, s'appelait Vartar, l'Avaleur des Ab�mes. Un jour, Vartar s'est r�veill�, et avant de dispara�tre, a maudit Oralpraf, en l'obligeant � rendre � la mer tout ce qu'il a bien pu becqueter, y compris les poissons magiques.

Je suis bien oblig� d'aider Oralpraf � retrouver son bibelot, parce que �a fait un grand vide sur son mur, et qu'il va continuer � cracher des poissons sur le clan, en finissant par les plus gros et les plus terribles, les poissons-d�mons - ou les poissons-dragons. Arf!

Oralpraf un peu calm� fait une divination sur l� o� Vartar s'terre. Nous nous penchons sur le miroir rid� d'une vasque paisible, et on aper�oit le manoir de Patricius. Patricius est un type important, cousin du roi tribal, membre de la tribu Mal-nourris, des esclavagistes. Qui nous aiment pas.

On s'casse de chez Oralpraf, qui franchement commence � me donner la naus�e, avec ses vomissements interrompus. Il nous a pass� sa gaffe aussi, pour harponner la bestiole. On retrouve Arimsdaughter, et puis on part chez les Mellmurris en se faisant passer pour je sais plus quoi.

Tout s'est bien pass�, il faut dire que moi et mes deux gardes du corps, on faisait une �quipe impressionnante. Apr�s une enqu�te b�cl�e au village, on va questionner les esclaves du mec, et en fait on s'aper�oit pas qu'on les interrogeait juste sous les remparts du manoir. Le manoir s'�tait rapproch� d'nous pendant qu'on causait dans les champs � l'extr�mit� d'la propri�t�, dis donc.

Donc pas l'choix, je suis l�, je toque � la porte, et on rentre dans une sorte de forteresse. On en m�ne pas large de s'promener entre tous ces militaires, je surveille mes fesses.

Mais je corromps un sale type - j'crois que son nom �tait Endiri Kutes. Vraiment, Patricius avait tr�s mal plac� sa confiance : � la premi�re occase, son �me damn�e le trahi. Bref, j'obtiens de m'entretenir avec le ma�tre des lieux. En fait, comme nous allions le d�couvrir, ce n'�tait pas lui le ma�tre des lieux (tin-tin! musique de suspens).

Patricius �tait un grand gars mince, mais pas un Dara Happan. Autrement dit, un gars qui voulait faire "comme les Lunars". Il nous accueille tr�s s�chement, genre "le boss ici c'est moi". Je le cuisine, et finalement c'est Bezandano qui mange le morceau en lui f'sant [ton pompeux] : - "M'sieur Patricius, entretenez-vous des relations coupables et contre nature avec un poisson parlant nomm� Vartar l'avaleur des profondeurs?".

L�, le Patricius, y s'd�compose, y craque, plus du tout le mec hautain, cousin du roi tribal.
- "Ah l� l�, depuis qu'j'ai invoqu� Vartar, y m'contr�le, je vis un enfer, je suis prisonnier, ouin",

Y pleurniche, le noble propri�taire d'une centaine d'esclaves. On rentre dans un patio, et au milieu d'une fontaine y sort un monstre plus gros m�me que l'gros plein de dents que le gladiateur avait d�gomm�.

Bon l�, j'd�cide d'op�rer un mouv'ment tournant, pour surprendre la bestiole par derri�re. Je traverse le palais de M�ssieur, � la recherche d'une arme. A un moment, je suis bien oblig� d'ouvrir une porte qu'il avait par distraction laiss� ferm�e. L�, je trouve le Livre Bleu, que je comptais bien utiliser contre la cr�ature, si j'avais su lire. Mais le temps que je revienne avec cette arme qui allait d�cider du sort de l'affrontement, mes vaillants compagnons ont fait des rondelles de poulpes. Enfin, c'est encore Bezanando qui fait l'poissonnier, vu que l'Archer Vert se d�cha�ne lui, sur un pov' chihuaha.

Patricius nous r'mercie parce qu'on l'a lib�r� de l'emprise du glouton des profondeurs, qu'il avait invoqu� avec le Livre Bleu. Mais il a pas la possibilit� de nous le r�clamer, vu qu'entre-temps ses gardes ont foutu l'camp en entendant les cris de la b�te. On peut vraiment pas avoir confiance dans l'petit personnel de nos jours! Et comme y a plus d'gardes, les esclaves se r�voltent et foutent l'feu � la baraque. Donc Patricius se carapate avec nous, vite fait. Et puis on se s�pare, � la revoyure Arthur.

Mais mes aventures allaient pas s'arr�ter l�. Retour � Borny, Olene nous dit d'la fermer sur c'qu'on avait fait, puis elle me prend l'bouquin. Ensuite elle se fait mousser comme pr�vu au conseil du clan, et l'conseil d�cide d'offrir le livre au roi, vu que �a leur co�te rien � eux. J'te dis, les politiciens, y se respectent m�me pas entre eux. Mais avant, ils nous envoyent � Bout-du-Monde tester que, quand m�me, le cadeau vaut bien quequ'chose.

Donc nous r'voil� en route avec un sale ouvrage plein de sorcellerie, sauf que cette fois il est plus � moi. Et puis � un moment, vlan, attaque de monteurs de sangliers!

Ah ah, vous voulez savoir la suite? Demandez � vot'm�re de me servir un aut'verre, sinon vous saurez jamais comment j'm'en suis tir�! Eh ouais, c'est �a, l'Art du Conteur. Savoir quand se taire.

Et la suite, oncle Wyrred vous la racont'ra d'main, vu qu'c'est l'heure de s'pieuter. Soyez sages et faites pas d'histoires � vot'maman, et vous saurez comment j'ai fabriqu� d'la p�t�e de sanglier.

(c) Rappar

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